¿ Con qué sueñas, Diego ?

Genre : spectacle contemporain et pluridisciplinaire

Année de production : 2013

Durée : 105 minutes

Metteur en scène : Antonio Scarano

Réalisateur : Nicolas Baby

Con que suenas Diego

Mars 1939
Un camp parmi tant d’autres dans le sud de la France. Nul besoin de le citer. Un camp reste un camp.
Quatre personnages y ont été transférés après avoir vécu la guerre, la défaite et l’exil. Quatre hommes, espagnols et républicains, Angel, un ancien ouvrier de la CNT, Diego, un photographe indépendant, Luis, un milicien réfugié et un personnage dont l’histoire reste floue, surnommé « El Mudo », « le Muet ». Autour de ces figures masculines, «La Mujer», «La Femme» livre un combat intime et bouleversant, celui de retrouver son enfant, enlevé par les franquistes.

Elle lance son dernier cri vers des ravisseurs irréels et cherche inlassablement ce fils volé jusque dans les décombres de sa propre vie. Loin du réalisme des camps, elle évolue dans un espace onirique et évoque la féminité au sens large allant jusqu’à prendre le visage de la république.

Dans la rudesse de l’exil, ces personnages vont se livrer, évoquer un passé sous les bombardements et les privations, s’insurger, se battre. Ils apprendront à connaître leur pays d’accueil avec ses contradictions et ses différences. Ils subiront l’humiliation, la faim, le désarroi, la solitude. Loin de leur famille, de leur terre. Mais les convictions profondes et les combat sont bien souvent les garants de la survie. Et ce combat n’est pas seulement contre le fascisme mais pour la liberté qu’ils vont défendre bien au-delà des frontières.

Avec les images réalisées par Prodigima Collectif, nous suivrons les personnages de l’Espagne profonde jusqu’à la route de l’exode, nous serons précipités dans leurs rêves, dans leurs pensées intimes et délirantes et serons confrontés à une émotion pure et crue. Une écriture tendue et poétique, un texte allant jusqu’à torpiller notre conscience, jusqu’à montrer du doigt un passé peu glorieux, jusqu’à nous propulser dans notre présent et nous questionner sur les valeurs que nous défendons aujourd’hui.

Vendredi 03 avril 2015
Salle Polyvalente de Capestang (34) – 18h00 (représentation tout public

Samedi 15 novembre 2014
Théâtre de l’Etang – Saint Esteve (31) – 20h30 (représentation tout public)

Vendredi 11 avril 2014
Théâtre Jean Marmignon de Saint Gaudens (31) – 21h00 (tout public)

Du Jeudi 27 mars au Samedi 29 mars 2014
Théâtre le Ring – Toulouse (31) – représentations tout public à 20h30

Vendredi 18 octobre 2013
Espace culturel René Monory – Loudun (86) – 20h30

Vendredi 09 aout 2013
Salle polyvalente de Rieux Volvestre / Les théâtrales – 20h30 (tout public)

Dimanche 03 février 2013
Théâtre le Pari – Tarbes (65) – 16h00 (représentation tout public)

Du jeudi 31 janvier 2013 au samedi 02 février 2013
Théâtre le Pari – Tarbes (65) – 20h30 (représentation tout public)

Mercredi 30 janvier 2013
Théâtre le Pari – Tarbes (65) – 20h30 (représentation tout public)
Premiere du spectacle

Mardi 29 janvier 2013
Théâtre le Pari – Tarbes (65) – 20h30 (représentation tout public)
avant-première du spectacle

Les origines

Depuis juin 2007, Théâtre Extensible et Prodigima Cinéma ont décidé d’apporter un regard nouveau sur le spectacle vivant. En quatre ans nous avons développé et tourné trois spectacles CinéThéâtre et mettons en chantier notre quatrième co-production. « ¿ Con qué sueñas, Diego ? » est une oeuvre originale et contemporaine écrite par un auteur de la compagnie et adaptée au format CinéThéâtre par des réalisateurs.

Lors de la première phase, l’écriture, l’auteur entame différentes recherches historiques. Hormis les ouvrages traitant du sujet, il lui semblait intéressant de recueillir des témoignages d’anciens exilés. Étant donné l’âge actuel des personnes ayant vécu cet exil il parait urgent de rencontrer les derniers « survivants ».

« ¿ Con qué sueñas, Diego ? » est conçu et dirigé par Antonio Scarano, metteur en scène, Nicolas Baby et Romain Gaboriaud, réalisateurs, producteurs, et fondateurs de Prodigima Cinéma. La première représentation de ce CinéThéâtre sera donnée en fin d’année 2012.

Pour les besoins de ce spectacle CinéThéâtre, un tournage de séquences cinématographiques sera produit et planifié en deux temps. Un premier tournage, anticipé, sera réalisé en février 2012 pour profiter d’un décor pyrénéen hivernal. Nous tournerons à cette période les séquences de froid, les séquences d’exode sous la neige, les moments les plus rudes de la traversée sous une météo peu clémente.

Par la suite, toujours sous la direction de Romain Gaboriaud et Nicolas Baby la seconde phase du tournage sera réalisée en Août 2012 entre trois principaux décors : Le sud de la France (Tarbes, Saint Gaudens, Pau, Toulouse), Les Pyrénées pour les décors montagneux et la frontière, enfin l’Espagne pour profiter du territoire natif, parfois resté en l’état et ainsi tourner dans des décors plus vrais que nature.

Le tournage de séquences filmiques de « ¿ Con qué sueñas, Diego ? » réunira pas moins d’une centaine d’artistes et techniciens du monde du théâtre et du cinéma.

L’image en scène

Dans ce spectacle, et dans une logique d’évolution, l’image prendra à nouveau une place unique et authentique. Depuis la naissance de notre travail et de ce que nous avons baptisé le «CinéThéâtre» (fiction décomposée en même temps sur scène et dans des séquences cinématographiques projetées), l’image a pris tour à tour une dimension plus interactive.

Lors de notre précédente création, Les lueurs de la rue Cuvier, l’écran a occupé une nouvelle place, totalement intégrée dans la scénographie. L’écran ouvrait le décors sur le monde extérieur, vivant et sauvage. Dans cet écran, l’image assumait la moitié du décors scénique en offrant une perspective dans la scénographie qui représentait un laboratoire, et jusqu’aux extérieurs qu’offrait la baie vitrée du laboratoire de Pierre et Marie Curie.

Dans « ¿ Con qué sueñas, Diego ? », l’image prendra une nouvelle place, cette fois beaucoup moins palpable et moins dominante. Elle sera en symbiose avec les personnages et répondra comme un écho aux sentiments et pensées des personnages. C’est sur ce point de départ que nos travaux ont débuté.

Nicolas Baby et Romain Gaboriaud ont, depuis, laissé mûrir ce postulat de départ et ont pris le parti d’assumer complètement cette symbiose. « puisque limage et l’écran reflètent l’esprit des personnages, il ne nous parait pas inconcevable et illogique de montrer en images ce que voient les personnages à travers leurs propres regards. »
Ainsi, l’image, dans cette nouvelle aventure, sera une expression réaliste du regard des exilés espagnols.

Les images, qui seront projetées, seront filmées dans des décors réels et reconstitués, avec des mouvements caméras en adéquation avec les déplacements des comédiens.

Pour ce faire, une résidence de travail scénique est organisée aux alentours d’avril 2012 pour garantir aux équipes de tournage de connaître avec précision les déplacements des comédiens. Ce travail anticipé de répétitions scéniques sous la responsabilité d’un directeur d’acteur sera supervisé par les réalisateurs afin de garantir une parfaite logique filmique.

Même si l’originalité de la mise en scène de ce spectacle résulte de ces projections presque «organiques», comme la retranscription des cellules photoréceptrices du cerveau humain, des séquences plus cinématographiques viendront ponctuer le spectacle pour amener une respiration et ramener le spectateur à sa place de «spectateur» et non plus «d’acteur» de ce que vivent les réfugiés.

Une troisième et dernière forme plus abstraite de l’image traduira les pensées intimes lors de scènes plus poétique ou dramatique, lors d’un rêve par exemple où la composition des images sera moins académique.

Une écriture originale

Écrire une œuvre autour de la Retirada tient pour moi de l’évidence. Pour différentes raisons.

Aucun pyrénéen ne peut prétendre n’avoir jamais connu de Sanchez, de Lopez ou de Garcia. Aucun pyrénéen ne peut dire n’avoir jamais entendu l’histoire de ceux qui ont passé la frontière, sur le dos d’un parent, à pieds, dans la neige. Enfant, j’ai côtoyé bon nombre de fils ou filles d’immigrés qui avaient tous ou presque cette même blessure, celle d’avoir été contraint d’abandonner leur pays. Des histoires d’Hommes que l’on oublie pas, parce qu’elles sont racontées avec l’émotion particulière de ceux qui ont souffert.

« ¿ Con qué sueñas, Diego ? / A quoi tu rêves Diego ? » n’est pourtant pas une œuvre historique. Bien entendu, je me repose sur des faits et une période bien particulière de l’histoire, mais je veux surtout raconter les petites histoires de chacun, les douleurs, les moments de doute, d’espoir, les joies aussi. J’y développe deux aspect de l’Histoire de l’Espagne.

Dans le premier, l’action se situe dans l’un des camps d’internement du Sud-Ouest, sans véritablement le citer. Une poignée d’hommes attendent dans la misère et le désœuvrement. Ils se parlent, se côtoient, se racontent, s’insurgent, se livrent. Je cherche à percer leur intimité, à donner chair à la douleur, à rendre les moments de bonheur.

Le deuxième point qui est évoqué dans « ¿ Con qué sueñas, Diego ? / A quoi tu rêves Diego ? » est celui du drame des enfants volés. Nombre de femmes républicaines ont vu leur(s) enfant(s)leur être enlevé sous prétexte que les « rouges » sont malades et qu’ils devaient être éduqués par des parents « irréprochables ».

Je l’ai voulu délibérément franco-espagnol, chantant, réunissant les deux langues. Je me suis demandée comment représenter ce texte à la fois devant un public français et espagnol, sans pour autant utiliser le sous titrage et comment faire apparaître deux sonorités de langage avec harmonie. Et puis j’ai tenté d’écrire dans les deux langues.

Dans une lecture à voix haute, j’ai été surprise de la musicalité qui s’est révélée, de son aspect à la fois dur et suave. Ce mélange constant donne au texte une puissance surprenante. Elle m’a pratiquement échappé.

Je me suis laissé la liberté de créer des répétitions tantôt dans une langue, tantôt dans l’autre, entremêlées, confondues. Un métissage appuyant le propos, le rendant plus direct, plus sauvage, plus libre. Loin d’un réalisme contraignant, les personnages ont la voix de tous et de toutes, peu importe la frontière, peu importe les barrières. L’authenticité du parler cru se confond avec la poésie et la chanson des deux langues créé une forme à la fois compréhensible et inconnue.

Texte : Christel LARROUY
Mise en scène : Antonio SCARANO
Réalisation : Nicolas BABY
Direction artistique : Romain GABORIAUD
Avec : Jacob CHETRIT, Gilles LACOSTE, Christel LARROUY, Alejandro MOREU GARRIGA, Etienne LEHEN
Interaction vidéo : Sarah DENARD
Création lumière : Enzo GIORDANA
Régie technique : Julie MALKA
Scénographie : Gérard LARROUY

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