ADN (Acide DésoxyriboNucléique)

Genre : spectacle contemporain et pluridisciplinaire

Année de production : 2015

Durée : 60 minutes

Metteur en scène : Yohan Bret

Réalisateur : Romain Gaboriaud

Nominé au festival contemporain Impatience 2016

ADN

Cela commence comme un fait-divers : Un groupe d’adolescent a l’habitude de moquer et d’humilier Adam, un camarade de classe. Un jour, ils dérapent. Entraînés les uns les autres par ce qu’ils croient être un jeu, ils finissent par tuer Adam, sans le vouloir vraiment. Cet acte terrible, qui se produit juste avant le début de la pièce, n’est pourtant qu’un point de départ. Ce qui sera ici en jeu, c’est l’après. Après le crime. Après la catastrophe.
Comment continuer à vivre ? Comment préserver une amitié scellée dans le sang ?

Les premières préoccupations de nos jeunes meurtriers sont plus pragmatiques. Réunis dans le bois qui leur sert de quartier général, ils cherchent un moyen de se disculper. Inspirés par ce qu’ils ont vu dans les séries et les journaux télévisés, ils vont élaborer un plan ingénieux. Mais ils vont découvrir qu’il ne suffit pas d’éviter la prison pour pouvoir à nouveau mener une vie normale.

L’irruption de l’horreur dans la banalité du quotidien fissure la solidité du groupe d’amis. Les rôles que chacun se donnent vacillent, se transforment. Si en apparence la vie continue comme avant, que Phil mange toujours ses mentos et que Léa parle toujours trop, l’acte qu’ils ont commis bouleverse insensiblement chacun de ces jeunes esprits. Remord, culpabilité, folie, peur, égoïsme, violence se bousculent dans ces âmes perdues qui tentent de se construire un futur incertain.

Alors qu’ils pensent avoir échappé à la justice, ils vont s’apercevoir que leur plan minutieux peut avoir des conséquences inattendues. Car la pièce réserve bien des sueurs froides à ces jeunes criminels incapables d’assumer leurs actes.

Les intentions du spectacle

« Trois temps, un espace puis le silence. »
Ça pourrait être en résumé mon «intuition» de la pièce puisque c’est mon désir de me plonger en toute ignorance dans quelque chose de nouveau qui commence.

L’intrigue d’ADN se joue sur trois espaces différents qui confèrent trois rythmes et trois atmosphères à l’histoire. Du premier choix au dernier, on se demande sans cesse s’ils vont continuer ou arrêter. On assiste à cette gradation de la situation au travers de trois filtres : la rue du quotidien, la forêt ou lieu de rituel et le champ ouvert sur l’infini des possibles. La pièce prend alors une nouvelle dimension où plus aucune frontière ne se dresse et le spectateur est ainsi transporté du monde réel, à celui du théâtre des évènements, et dans le monde imaginaire où se réfugient certains des personnages.

Mon travail sera de retourner sur le terrain de l’intime. A partir de personnages lambdas et inconnus, en demandant au spectateur de les éclairer sur leurs actes, je veux l’amener à confronter sa raison à son ressenti pour les juger : «comment être humain dans un monde inhumain ? Quels choix peut-on faire ? Quelles responsabilités portons-nous ? Quel parti prendre ?» Les adolescents de l’histoire se situent entre l’enfant et l’âge adulte. Ce qui est beau à mes yeux, c’est qu’ils peuvent donc à la fois être très concrets ou bien basculer dans le mensonge et le jeu. Ils sont attachants par leur singularité et leur diversité que Dennis Kelly a développées en évitant le piège de la généralisation et du cliché.

Notre rôle est de rendre le spectateur actif en lui proposant simplement comme postulat que chaque homme a pour mission la recherche et la découverte de la vie et il peut faire choix d’être responsables ou pas des conséquences, comme l’artiste ! A la sortie, il n’y aura rien de plus. Pas de réponse, seulement une introduction. Nous ne sommes que des chercheurs qui travaillons sur la matière humaine.

Ce projet sert de tremplin aux jeunes qu’il réunit, dont je fais parti, et qui ont voué leur vie à l’Art. Nous avons conscience qu’une identité ne naît pas comme ça mais se forge dans la durée et les essais. Je conçois donc, sur le modèle de Meyerhold, qu’un spectacle est une marche pour le suivant.

À propos

Dans la réalité comme dans la fiction, il s’agit d’une aventure de la jeunesse. Les premiers étaient compagnons au Centre Dramatique Régional de Haute-Normandie / Théâtre des deux rives et responsables de leur engagement artistique sur  le plateau et face au public. Les deuxièmes sont «camarades» d’école avec tout ce que cela implique de positif comme de négatif et confrontés à la responsabilité de leurs actes et de leurs choix.

«Grâce au cadre créé par cette formation, nous avons rapidement commencé à travailler ensemble, et nous avons aimé ça. Au point que naisse l’initiative collective de porter et défendre un texte contemporain sur la question de la jeunesse et de ses responsabilités. ADN de Dennis Kelly est très vite arrivé sur nos lèvres tant son écriture et son thème nous semblent proches de nous-mêmes et de notre époque.

Après un premier travail commun avec Jérôme Hankins et Edward Bond sur La Pierre, nous avons senti le besoin d’affirmer cette place qui nous était offerte pendant un an et continuer  d’explorer cette remise en question que proposent les nouveaux auteurs sur notre société. Nous ne cherchons pas à critiquer gratuitement comme il est de mode aujourd’hui dans certains mouvements se disant contestataires. Notre but est d’engager entre le spectateur et nous un questionnement. Et nous souhaitons que celui-ci soit guidé par les différentes perspectives et points de vue qu’offre la pièce.

En effet, il nous semble important de montrer cette vie (car qu’est le Théâtre sinon la vie ?) riche et colorée de ces jeunes. Ils ne sont pas seulement dans «un» état mais traversent la vie avec une palette d’émotions qu’ils brûlent à toute vitesse. Ils sont en danger, ou s’en persuadent, sont amoureux, perdus, drôles, et plein d’énergie puisqu’ils n’ont que l’avenir auquel croire et se rattacher. Et cela déborde d’eux. Ou pas, suivant le tempérament et les expériences. Exactement comme notre propre expérience, à chacun de nous six, jeunes comédiens, transpire à travers notre identité et donc notre jeu.

Janvier 2017
ADN de Dennis Kelly, mise en scène par Yohan Bret à Sarlat-La-Canéda dans le cadre du festival Région(s) en scène

Mardi 8 et Mercredi 9 novembre 2016
ADN de Dennis Kelly, mise en scène par Yohan Bret au Théâtre Sorano dans le cadre du Festival Supernova – 20h30

Vendredi 10 juin 2016 à 21h00 – Samedi 11 juin 2016 à 18h00
Représentation de ADN à la Colline (Paris 20e)
Dans le cadre du festival Impatience (festival du théâtre émergent) organisé par Télérama, le CENTQUATRE-PARIS et La Colline
Plus d’information sur le site de la Colline

06 Avril 2016 à 21h00
Théâtre Jean Marmignon de Saint-Gaudens (31)

26 Novembre 2015
Théâtre Sorano-Jules Julien – Toulouse (31)
Représentations à 14h30 et 20h30 au théâtre des Mazades
Tarifs de 8 à 18 euros
Informations sur www.sorano-julesjulien.toulouse.fr
Réservations au 05 81 917 910

Texte : Dennis Kelly / Traduction : Philippe Le Moine
Mise en scène : Yohan Bret
Assistanat : Léa Hernandez Tardieu / Réalisation vidéo : Romain Gaboriaud
Scénographie : Claire Saint-Blancat / Régie plateau : Claire Daulion / Musique : Amine Bouzidi / Photographe de plateau : Jacob Chetrit
Avec : Laura Chapoux, Julien Cussonneau, Victor Ginicis, Julie Mouchel, Manon Rivier, Augustin Roy
Co-productions : Théâtre Extensible, Prodigima Films, Théâtre Sorano
Résidences de création : Haras de Saint-Gaudens, CDN de Haute-Normandie
Soutiens et concours : DRAC de Midi-Pyrénées, Mairie de Toulouse, Conseil Général de la Haute-Garonne
Intervenants scolaire et pénitentiaire : Christel Larrouy, Irene Bailo
Production déléguée :
Théâtre Extensible 80 chemin Lapujade 31200 Toulouse
Siret : 491 891 206 00022 – NAF : 9001Z
Licences d’entrepreneur de spectacles : 2-1059718 et 3-1059719
Production exécutive : Cie L’an 01
Avec le soutien financier de la Mairie de Toulouse et du Conseil Général de la Haute-Garonne
L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté. www.arche-editeur.com

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